REGARD CRITIQUE SUR LA DÉPENDANCE SPIRITUELLE DES CROYANTS, PRATIQUANTS ET/ OU INITIÉS HAÏTIENS
LA POSTURE DU « PAS [TROP] CONCERNÉ », DANS L'ACTE SOCIAL ET POLITIQUE DE LA CITÉ | Dudeley METELLUS (mémorant en philosophie à la FASE au CHC-UEH-L)
Il est des sujets, bien remarque -t-on dans la société haïtienne, comme dans toute société d'ailleurs, qu'il ne faut se permettre, autant d'en parler en leurs avantages propres, se prononcer pour faire moindre analyse, ni étude, ni critique, encore pire, d'étayer des approches controversées à ces derniers. De ces sujets, aucune limite n'est visiblement posée, mais les aborder accompagne des risques majeurs, pouvant, du moindre essaie, en le faisant même avec un regard simpliste ou exigeant, afin de saisir le cadre vérace de ce qui les anime, peut vous valoir, d'une certaine mesure « honneur, estime et respect ».
À ce stade, ayant en visuel ce sort qui banni, légalisé pourvu son caractère populeux/ populisme, l'acte [superficiellement] réfléchit s'en suit dans une manière fixe et tautologique, où, l'individu qui tend à son estime, et que son intelligence [au sens péjoratif de l'haïtien] ne lui fait défaut, s'abstiendrait impérativement de son opinion opposante, se laissant aligner religieusement dans le rang de la tendance, en jouant au muet et à l'aveuglette, qu'importe les maladresses qui habitent un sujet qu'il soupçonne fragile. Cet enterrement du moi et de son élitiste, s'affirme comme un moyen de ne pas se laisser exposer au fouet du mépris, et de n'être considéré, comme effronté, dégénéré ou immoral par la masse, dans laquelle il puise sa gloire, son honneur. Puisque, ici comme ailleurs, la morale populaire déduit pour immorale, toute moralité indépendante de sa morale objective. Qui fait, celui qui s'octroie un sujet moral individualiste ou, qui questionne la moralité populaire/ populeuse, est immorale, et celui-ci est vu comme le « mal » qui mérite le sort qu'aurait mérité tout ennemi du bien, du bon.
Ainsi, voit-on, cette liquidation de son intellectualisme et de sa conviction au rythme tendancieux, au prix d'une récolte d'immortalisation visée, qui exprime son obsession pour paraitre et rester vivant, même dans la temporalité qui le délaisse, avili un comportement de retrait bien calculé.
Ne pas agir pareil et dénoncer peut sembler à une forme d'arrogance.
Qui fait, l'on ne sait ici, si prendre cette posture d'articuler sur ce sujet, n'extirpera pas le trait intellectuel qui m'est proprement attribué, par des proches et inconnus. Car, un intellectuel, voit-on, comme il est de coutume en Haïti, pour une frange innocente, est supposément un « beau parleur aligné ». C'est-à-dire, celui qui peut bien mobiliser un langage traversé par le soutenu [théorisé] et/ou incompris, sans tentative de déranger la souveraineté de la chose universellement ou localement établie.
Ce qui fait que, certains intellectuels se plient à une formule facile, non exigeante, qu'est de : voir, vivre, prétendre aimer/respecter l'ordre [moralement] établi, accepter sans interposer, spéculer, pour enfin ne rien dire, rien critiquer, rien proposer. Car, pour cette frange de la masse, la condition dans laquelle on encadre l'intellectuel, et qui ne saurait déranger cet intellectuel, parce qu'il veut être aimé par tous, c'est qu'on l'impose à s'articuler sur le « souhaité entendre », ou le « déjà défini pour réciter », malheureusement.
Bien souvent, quelques individus, disciples ou fanatiques de sujet, sans savoir lequel ils ont été inventeur, et quel droit d'auteur qu'ils en possèdent, s'imposent comme juges, pour condamné, censuré ou même maudire, tout individu qui questionne, ou qui se prononce, en avis contraire, sur des choses qui ne reviennent pas de leurs idéologies. Ces exemples en dessous peuvent faire l'objet de témoignage de faits présents et tangibles dans le milieu haïtien.
En Haïti, tenter de questionner le courant féministe qui prend terrain aujourd'hui, est une idée pas encourageable, d'ailleurs autant le faire que pour comprendre, pour critiquer, pour proposer ou pour supporter, vous dresse comme un suspect patriarcaliste, qui se sent attaquer par l'éveil des femmes, et qui s'active en homme-mouton, pour chercher à les étudier, pour comprendre leur démarche, et ressusciter un courant masculiniste-endiablé, mais discret, pour les reconduire à l'abattoir du mépris, de la servitude, du viol, de la violence…, discourir contre la dérive d'un (groupe) intellectuel, peut laisser vous saisir comme un « frustré » ou, le fait d'apprécier une approche faite par un (groupe) intellectuel qui n'est pas populaire, peut vous laisser l'étiquette de « suiveur aveuglé, suiveur sans squelette, abolotcho »…, dénoncer un fonctionnaire étatique, peut laisser entendre que vous marchandez sa place en utilisant un langage coquin, pour les plus vulgaires, vous êtes un« grand-goût », qui cherche à soulager son ventre en maquillant sa position avec de l'arrogance populisme et militantisme. Parler de l'église, de la manière controversée peut vous identifier comme le visage tout cru du « péché, de Satan ». Prendre le contre-pied contre des pratiques du vaudou, sans temps-perdu, ou vous octroi le fameux « eksklav mantal (aliéné) », etc.
Face à ces répliques envahissantes, qui n'épargnent personne, fait que, certains intellectuels, au lieu de se laisser emporter par l'obligation d'apporter sa lecture analytique et intelligente sur des sujets assez sensibles qu'ils maitrisent, se supprime de ce devoir, et se conformise à la réalité tranchante et autoritariste qui s'établit chez nous. Ici, ce travail franchit, une ligne interdite, que sais-je…, qu'après lecture, à mon nom s'ajoutera un pseudo « risible, mondain, deshumanisant, satanique », qui sera accueilli à cœur sans rancune ni haine.
Car, cette société, envahie par une tendance salvatrice dominante trop fanatisée et fanatisante, s'impose à défier quiconque, se déclarant élite, pour venir s'articuler, en quel que soit la manière, du plus arrogant au plus timide, sur des sujets où le Dieu, les loas, et les autres forces invisibles, puissent subir le sort périlleux de l'analyse, du doute, et du pire exercice, le fait de se contre-positionner à leur logique, prétendument, toute vraie, toute bonne.
De cet enjeu qui se dresse, même parfois les plus fins intellectuels, s'abstiennent, afin de ne pas s'affliger la plus douloureuse peine, puisqu'ils prétendent, ne sauraient se libérer d'elle. Pourtant, d'autres percent ce danger, malgré tout. Et l'on parviendra à découvrir, qu'un jour, pas trop près ni trop loin, ils auront raison d'avoir ainsi réagi. Prudent ! cette déclaration ne me fait pas prophète. J'en rirai si telle fut votre perception à mon égard. Seulement, en se projetant sur le lointain, ils prennent le risque sur de vous alarmez de l'urgence à redéfinir des choses dans le présent, avant que le malheur ne nous piège.
De là, il faut déjà, depuis votre lieu de lecture, et en accord avec le minime acquis qui se manifeste en vous, vous pourrez faire une facile idée de l'intentionnalité de cette étude, du moindre ce constat, ni dans son sens premier que secondaire, c'est-à-dire, ni à son état brut, qu'en arrière-plan.
Ce travail au départ, veut attirer votre attention, que ce sujet, mis en examen d'étude, du plus de rigueur qu'il impose, m'oblige de discourir, en rien de plus, comme un témoin qui expose, en peu de moyen que je me dispose, les réalités telles quelles sont, sans maquillage, afin de me permettre de saisir, le réel phénomène d'appartenance, de l'haitien, qui s'offre à un être suprême, et qui se consent pour toute rupture (ou presque) avec son semblable, sa cité. Drôle de réalité qui m'invite de crier, et d'alerter qu'il faut se démêler pour recadrer ce débordement.
Au prime, le lecteur est invité à ne pas laisser son fanatisme s'emporter sur la raison, afin d'être en mesure de comprendre l'urgence pour mieux nous redéfinir sur des plans humains et citoyens. C'est un appel, pour ne pas s'obstruer par sa position. Car, comme on peut le concevoir par soi-même, et qui n'est secret pour personne, un franc-fanatique/ fou-fanatique prend souvent position contre la raison, que contre ce, à quoi, il est aveuglement tenu.
Cette accroche n'est qu'une mise en garde, pour ne pas laisser son fanatisme se barricader de ce travail qui invite à l'éveil.
Dans la société haïtienne, se faire appartenir à un cercle spirituel renferme, dépendamment du lieu d'affectation, une conception qui lui est attribuée. Se dit franc-maçon, présente l'individu comme un magicien proche du livre, du raisonnement, mais est vu, comme un cercle avec des initiés, majoritairement fragiles et frivoles, de plus, est identifié comme une société colonisée par une tendance institutionnelle occidentaliste. Pour un chrétien, c'est un échantillon pur du bien et du bon, mais est considéré, comme une traite à ses ancêtres, un devenu libre, qui enchérit et divinise les anciens colonisateurs de leurs ancêtres. Pour un vodouisant, son culte est un héritage de ses ancêtres, c'est un culte, par lequel on peut dialoguer avec un être dans l'autre monde (l'au-delà), c'est un culte démonstratif, quand il souhaite, il convoque ses loas et impose son besoin par des échanges, mais est déclaré par une partie de la société haïtienne, comme le culte de la sorcellerie, cela étant dit, c'est le culte de la peur et de la méchanceté. Cependant, pour un musulman, comme tous les autres cercles qui s'établissent à peine sur le territoire, sont vus, plus comme folie, qu'une réelle entreprise qui évoque un Tout-Puissant. Mais en tout, l'obligation est faite pour chercher son Seigneur, son sauveur, son être suprême.
Ici, en Haïti, on ne pardonne pas les non-croyants.
Car, le plus grand sort que l'on puisse s'affliger en Haïti, c'est se confirmer athée, ou ne pas croire en une force supérieure. Ce discours est plus osé, que de se déclarer par devant juge ou média(s) être corrupteur, voleur, tueur, et parfois même, violeur. Terrible.
Même le plus grand athée le sait, les politiciens encore mieux, quand y a besoin nécessaire du peuple, se métamorphoser stratégiquement en chrétien, est un calcul rapide qui doit être fait, sans même besoin de mental. Car se le déclarer à tous, peut vous ouvrir porte et fenêtre. C'est-à-dire, le cœur, la pitié et le sens gai et émotif de la majorité du peuple haïtien.
Avant de poser les pierres déductives de ce travail, et de chercher à comprendre l'éperdument amour que nourrit l'haïtien pour son être suprême, qui l'anesthésie de tout sentiment envers l'autre et sa cité... Pour bien déduire, on tiendra à mobiliser des matériaux démonstratifs, afin d'approvisionner ce travail d'assez de matière, le permettant implicitement et succinctement, de soumettre la réalité à tous lecteurs. Cependant, il faut y tenir à une limitation ferme, pour ne tenter de s'affranchir sur aucune historiographie, ni philosophie, ni radiographie interprétative, ni cause d'existence ayant générée ou provoquée leurs nécessités dans le monde, ou encore, en Haïti. Simplement, je me résolus à un regard sur l'influence que les temples maintiennent sur les croyants, Le niveau de consommation des croyants, et pourquoi ces croyants s'invisibilisent, ou presque, dans la réalité qu'ils habitent, qu'ils vivent.
Dans toute logique de pensée, d'idéologie, de spiritualité, un endroit pour mieux affiner son cadre conceptuel, ou encore, pour l'exercice de son rite, est d'une importance fondamentale permettant aux adeptes de pouvoir mieux se socialiser, s'enrichir de leurs positions, de créer leurs invincibilités, et de mieux structurer collectivement leurs postures. Ici, en respectant le format préambulaire du travail, nous nous tâcherons de limiter l'affaire d'endroit dans un point ferme, qui revient des temples de prière et de sanctification.
En Haïti, comme ailleurs, avoir un temple pour l'exercice de ses croyances, est un droit inaliénable. D'ailleurs l'article 30 de la Constitution haïtienne de 1987/ amendée le dispose.
Tel
droit, parfois même trop libertin dans le pays, qui débouche sur la création de
temples, s'appartenant à des rites inconnus, incompris. Qui fait aussi, que
l'existence
de temple en Haïti, est d'une multitude exorbitante, totalisant des chiffres
non-enregistrés qu'on ne saurait rassembler et statistiquer. Mais c'est Haïti,
l'impossible est possible, comme l'écrivit Justin Lhérisson dans La famille
des Pitite-Caille (1905), en utilisant la voix de Tonton Golicha.
Mais, quelle que soit la quantité, seulement, elle est très volumineuse, et que presque une grande partie de ce volume, pour quelle que soit la cause, est en train de se découdre avec le pays, pour s'affermir au pied de leur suprême. Voyons cela, la disparition de cette société, commençant par ces détails, devient absurde.
Chacune de ses temples susmentionnés, se distinguent séparément d'une tendance qui est la fabrique de leurs valeurs, et cette valeur sacralisée s'emporte sur le propre de l'individu – du citoyen. Oblige que l'individu ne peut-être lui, comme à son bon vouloir, ni se laisse appartenir à un socle social, parfois ni à aucune chose ou personne, qui ne fait alliance étroite avec leur être suprême.
Plus est, ces croyants se disciplinent à un régime de consommation stricte, non que sur l'alimentation, mais aussi sur la musique, sur l'habit - car le moine, dans ce contexte précis, doit être apparent et/ou évident -. Une attitude, qui exige parfois un retrait sur le monde qui perfectionne. De vivre sur la touche de la modernité. Car le moderne est perçu, bien parfois, comme mondain, comme piégé.
Mais, il faut dire, qu'ici, étant sur cette lignée, que les religions/ cercles détiennent, presqu'en partie totale, le monopole de la moralité. Outre la morale juridique, c'est ce secteur qui la détermine, et l'enseigne. Et si cette morale se vide dans la chute, où son mode opératoire, qui est instrumentalisé par un secteur, est dévié de son projet…, les dégâts pour le genre humain haïtien, seront d'une catastrophe aigue. Mais, heureusement, l'on saura, vers qui tourné, pour exiger explication.
Cependant, il ne faut pas négliger le bon support que nous apporte ce secteur dans l'apaisement du mal chez l'individu haïtien.
Car, la conscience morale est fondamentale dans la conception et la guidance de soi. C'est une âme qui accompagne, sans détour, l'individu dans la formation du sens et la conduite de sa raison.
De là, voyons dans toute la condition fragile que se trouve la morale. Et si cette morale dérivait de l'échantillonnage d'un secteur, son devoir de bien concevoir cette morale relève d'une grande responsabilité, qui ne doive pas être appliquée sous trace d'aucune légèreté.
Donc si cette morale est décousue du déterminisme qu'elle devrait visée, elle deviendrait qu'une morale spiralisée, et conçu dans une impasse où chacun le conjuguera par sa propre formule, qui sera dérivée de sa propre interprétation par devant quel que soit le cas, qui se présente à lui. C'est-à-dire, chaque personne inventera sa morale, en prenant en repère ce secteur, pour valider son action, bien ou mal posée.
En parlant de morale, voyons par exemple l'attitude de majorité des temples qui adoptent une attitude assez conforme à un certain fil hiérarchique, qui construit une face démocratique illusoire, redresser parfois à l'image du pays, dans le sens du désordre, avec une aristocratie enchainée d'une supériorisation élitiste, qui est la fabrique d'une classe dans l'ombre, avec une forte présence de gouvernabilité des hommes, et une subalternisation des femmes, les réduisant à la servitude, avec prétexte qu'elles sont les « poteaux mi-temps » des temples. Un mot qui motive souvent les femmes et qui les pousse, bien souvent, à s'appliquer à l'isolement de leur famille, de leur travail (commerce informel pour se garder en vie), leur coin de bonheur, pour se consacrer presqu'uniquement aux choses du temple. Dans un autre cas, elles sont parfois écartées des choses secrètes, par banale conception qu'elles ne sont pas assez crédibles, ni discrètes.
Donc, considérant le grand pourcentage de femmes qui cumulent dans les temples, et à quoi elles sont réduites, possible que ça donne aperçu d'un élément qui forge l'hésitation et l'opacité des femmes dans la cité haïtienne. Malgré d'autres causes peuvent être liées à ce désintéressement, mais ce travail s'intéresse à comprendre si ce secteur, n'en détient pas, lui également, une forte responsabilité à cette figure d'ombre, dans laquelle est fermée la gent féminine.
Également, dans une autre vue, on pourrait questionner les gens, dans l'applicabilité des textes sacrés qui invitent à aider l'autre. Mais quel autre, parfois ? est-ce un autre qui n'est pas dans la nécessité d'être aidé…, ou un autre qu'on aide pour être vu, être royalement remercié…,
Ici, la morale est écartée de sa ligne.
Aussi, l'on remarque souvent, des astuces qui sont développées dans des temples, pour les convertir en espace d'offrande. Venez et apportez de l'argent pour votre Seigneur, pour les blasés, pour les nécessiteux, la construction de la maison du très saint. Donnez pour être béni. Quantité d'argent est égale à quantité de bénédiction. Une condition de vie qui étrangle les adeptes, les poussant à se misérabiliser pour apporter de l'argent dans la maison sacrée. Pourtant c'est l'argent de poches, de vacances, d'achat de maisons, de vêtements, de voitures, etc. Ici, la morale est absente, et encore, est écartée de sa ligne.
Dans un autre niveau, la morale est tuée, quand elle est désorientée et détourne aussi, dans le mauvais sens, le regard de l'individu sur la justice et la politique de sa cité.
Car ces croyants ne se tiennent pas dans la matérialité de ce monde, mais s'abrite dans l'abstrait de leur suprême.
Ils semblent oubliés qu'il y a les choses de la terre et les choses des cieux, pour reprendre les mots de Manuel à sa mère, Délira dans Gouverneurs de la Rosée (Roumain,1944).
Des scenarios vous permettront d'avoir un œil plus ferme, afin de saisir de nombreuses subtilités qui gouvernent le sens de la raison des croyants vis-à-vis de sa conception sur la justice.
Y a plus de cela six (6) ans, une dame, sœur chrétienne, à qui, en compagnie d'une délégation de quinze personnes, nous avions tenu une visite sympathique après un grave accident, qui l'a conduite à une hospitalisation d'un mois, dans une clinique privée, et plusieurs autres déplacements précipités ont été également cumulés, afin de subir des opérations urgentes et nécessaires, selon son médecin. Mais brusque déplacement de son médecin pour l'étranger, l'oblige de se référer à un autre médecin pour les suivis que nécessitaient son cas. Ce qui fait, que nous avons pris deux mois, au total, afin de pouvoir saisir l'occasion de la voir, et de discuter sur l'accident et l'avancement de ses traitements.
La dame étant allongé avec douleur et désolation, nous fait un panorama d'une histoire qui devrait couter prison à son premier médecin. Elle nous dit qu'à l'issu de son accident, le pied tordu, le médecin X, l'a sonographié et l'informe avec amertume que son pied est cassé, et l'empresse de faire une prothèse, pour empêcher toute amputation de sa jambe. Elle l'informe, pour éviter qu'elle ne perde sa jambe, elle extradera de son ventre un os long, l'implantera dans sa jambe, qui remplacera l'os cassé, et à la suite de ça, il procèdera à la prothèse. Bien paniquée, elle suit le conseil de son médecin, mobilise sous forme de prêt l'argent qui lui a été solliciter pour cette opération, et aussi pour l'achat des médicaments prescrits. Pour donner suite à cette opération, en difficulté de rencontrer le médecin, partit à l'étranger, elle se tourne vers un autre médecin. Et, à sa grande surprise, après avoir expliqué son cas, et subir des consultations, le deuxième médecin l'informe que son pied n'a pas été cassé, et aucun os, de quel que soit le lieu qu'il peut être extraire, ne peut s'aligner dans le pied. Pire encore, son cas nécessitait juste qu'une simple thérapie.
Furieux, nous visiteurs, l'avons invitée à prendre des mesures strictes et rapides afin d'introduire ce dossier par devant la justice pour corriger le médecin de sa méchanceté, et qu'il puisse être limité de ses actions malhonnêtes. Avec visage désintéressé, elle nous dit, ce n'est pas la peine, Dieu réagira certainement. Dieu donnera justice et épargnera les autres. Et jusqu'à présent, Dieu semble oublié définitivement ce médecin. Dommage !
Une autre histoire va de plus interpellé votre sens critique sur les croyants, autant que vous y êtes, lisez cette deuxième anecdote.
Là-et-temps, on pourrait délivrer nombreux témoignages d'amis et d'inconnus qui ont été récoltés dans des discussions. Mais, retenons-nous à trois révélations de quelques amis intelligents, avisés, et sérieux. Avec diplômes en main, qu'ils ont décrochés en Sciences Juridiques, Sciences Politiques, et autres, on a été surpris quand, dans une discussion, quand ils nous ont appris que ces études leurs serviront uniquement qu'à des fins personnelles, et qu'ils ne pourraient en aucun cas les exercer, car elles ne conviennent pas pas à leur foi. Car, la conduite dans laquelle, ils se sont inscrits, les oblige à ne s'octroyer de certaines actions, jugées impropres, car ce sont des choses qui concernent que le monde pécheur. Cette présentation déjà donne aperçu de la distance que diffère les temples, par rapport à ce monde physique, même dans un choix universitaire/ professionnel.
Cependant, ils m'informent pouvoir exercer ces sciences sans ruses ni corruptions, mais la ligne interdite qui est imposée par les temples, les oblige à reculer. Car il ne faut se souiller de l'envie de servir une folie qui ne plaise qu'à soi, et en déplaise à leur suprême. Car agir selon son propre vouloir, empêcherait le suprême de tirer sa gloire, et eux bénédiction.
L'étroit rapport défini avec son être suprême, se révèle être une menace dans la façon, dont, ils expriment leurs envies de vivre que pour l'être supérieur, et la façon de s'exprimer que rien n'est rien, sur cette terre, si le suprême n'est pas mis au-devant.
Par exemple, je me souviens une fois, une marchande dans un marché a lancé subitement, dans son coin que je passais, que sans Dieu, vous n'êtes rien, même avec un doctorat, même du fait d'avoir possédé l'intelligence la plus utile au monde. Si Dieu ne demeure pas en vous, votre intelligence est sans effet, sans importance.
Une fois avant, un groupuscule de croyants m'informa, en évangélisant, qu'ici-bas, j'ai été envoyé comme voyageur, ne me pose aucune inquiétude à vouloir rien changer, ça ne revient pas de notre intelligence, ni de notre devoir. Ici, ce bas-monde est un habitat de Dieu, et ses péripéties ne peuvent être changées par nous, ces moments ne sont que des examens pour tester nos foies. Vouloir changer la condition d'ici-bas, c'est vouloir défier l'autorité suprême.
Stupéfait, je me viens à l'une d'entre eux, pour questionner leur type d'engagement dans ce bas-monde. Elle me répond et m'informe qu'elle se pose en absentéisme sur toutes choses qui pourraient la rapprocher de la terre, et la distancier de son ciel. Pour affaire de politique sous quelle que soit la forme, seul le Tout-Puissant, qui doit les convoquer à une chose, ce qu'il ne fera jamais, parce que, si Dieu pensait à leur donner un poste, ce serait surement au ciel. Plus loin, elle me dit, toujours pour affaire politique, c'est au ministère de Dieu qu'elle appartient, et ce Dieu est son Président, Sénateur, Député, etc.
De plus, ils m'invitent de pas me laisser distraire par les choses d'ici-bas, et me motivent à se faire « un » avec Dieu, sinon, aux sons de la tempête, je périrai avec tout ce dont je prétendais avoir comme connaissance, ni désir. Et qui dit, périr, veut dire, rejoindre l'enfer.
Toujours on peut lire, le choix de camp qu'a fait les croyants.
Une fois encore, un individu, initié dans un cercle secret, a partagé avec moi, que leur cercle est apolitique. Selon ses explications, ils ne peuvent, à travers leur institution prendre un engagement pour plaider et proposer une cause commune dans l'avantage de cette terre dont ils sont voyageurs. Individuellement oui, ils peuvent s'associer à la politique du pays, mais en groupe, c'est carrément interdit. Mais, il attire mon attention, en concluant que, être ce qu'il est, en vrai, ne le fait appartenir à aucun peuple, ni territoire, ils sont simplement là pour une mission spéciale, de surcroit, ils sont dépourvus de toute autre volonté.
Ce qui nous permet d'arriver à une conclusion que ce pays, oblige nombreux d'entre nous, à travers les temples, dans leurs philosophies, à plus être croyants que citoyen, autrement dit, plus citoyen de notre cercle spirituel que terrestre.
Et c'est là se trouve le danger.
Cependant, dans une autre version, ces églises et temples, s'engagent dans de bonnes actions sociales, mais à un rythme individualiste, non communes à des temples qui ne sont pas uniforme à leurs tendances ou valeurs. Chacun dans son pâturage. Mais, toutes ces actions d'ici-bas, ne sont pas faites par mérites, mais parce que leur suprême le veut ainsi. Sinon, ils seraient se déresponsabiliser de toutes ces actions.
Des temples, avec en toile de fond, une éducation morale, qui distancie tout semblable d'une même société, pour les rassembler qu'uniquement à leur semblable croyant.
De toute les façons, il faut y remédier à une approche épistémique, afin d'introduire une forme de réflexivité cohérente, pouvant me permettre de prélever les éléments qui sont la fabrique causale ayant généré ce comportement qui emballe l'haïtien croyant dans de telle posture, et de chercher à comprendre ce phénomène qui démobilise l'individu de sa mission citoyenne, et le projette vers le monde abstrait. Le monde cristalliser.
Ici, la chose qui doit préoccuper, pour trouver l'élément qui sert de medium entre l'individu et cette appartenance obsessionnelle à un être suprême, doit partir à des interrogations spéculatives, jusqu'à trouver le réel mobile de ce phénomène qui domine la société haïtienne, en commençant à chercher par comprendre est-ce que ça revient des hallucinations de séquelles coloniales, est-ce pour protection, ou peut-être, en quête de couverture sociale, quête de soi, de refuge pour son bien-être, ou encore, de grands miracles.
J'aurais été ravi de pouvoir étancher ma longue soif avec une réponse rapide et vraie.
Ou si je me tourne à une autre phase de ce phénomène, à vouloir prétendre que cette obsession est le produit d'une civilisation systématisée, qui tant à défier la nation de sa route.
Comment l'haïtien puisse grandir avec cet alignement rectiligne. Son suprême, et rien d'autres. Je ne peux prétendre qu'il a été ainsi depuis le sein de sa mère. Parce que, nulle part, un individu n'a été, dès sa naissance, s'est consenti pour être ni citoyen d'un territoire, ni adepte à un cercle. Je m'excuse si mon ignorance a pris le dessus dans ce jugement, malgré tout, je me permets de le concevoir pour véritable. Ainsi, si ma logique n'est pas contredite, il faut comprendre que le devenir de cet individu naissant a été prédéfini hors de son désir, son vouloir. Qui fait, l'on doit de questionner tout amour que l'on enchérit, pour quelle que soit la chose qui n'a pas choisie librement, sans pression extérieure, dans le sens de Durkheim au sujet du fait social (1894).
Donc, l'influence à vouloir imposer à son enfant un suprême, est une chose qui dépasse l'entendement de l'enfant. Mais qui dépasse pareillement l'entendement des parents, parce qu'ils ont été, bien avant, accueilli par la même scène, et guider dans le même chemin.
Donc le problème s'étend en de plus haute altitude.
Pour reprendre l'aspect de civilisation, il y a une force, en catimini, qui cherche à percer le mystère de l'haïtien afin nous ralentir de nos pas pressés, nous distraire, nous place face-à-face, pour enfin maintenir un contrôle, pour après, peut-être, pour dominer. Dominer pour arriver jusqu'à où…? A ce sujet, je cherche encore.
Si ma lecture en dessus est correcte, le vouloir dominer a eu un premier teste, qui a eu grand effet, à travers la construction de notre morale fondée sur les croyances, mais aujourd'hui, c'est fait sous d'autres formes plus fluides, plus calme, mais plus dangereuse. Il y a toute une tempête silencieuse qui se manifeste pour anéantir ce pays, et la jeunesse semble être une cible visée pour ce jeu. La formule : Faut détruire l'arbre depuis ses racines. Et pour faire, on supprime de son quotidien le difficile, et l'offrir le « facile avoir ».
Cette jeunesse qui se définit dans un autre monde, le monde du plaisir, de la technologie comme compagnie, de la méchanceté, de la superficialité ; qui est tenter par le spectacle, les gadgets de la modernité, […], les paradis artificiels, comme l'avait constaté et souligné Lyonel Trouillot (2025). C'est une jeunesse en quête d'excès de plaisir, de soi, parfois, mais qui se perd en chemin, sans repère ni boussole, et qui se détourne à un monde qui les accueille ouvertement, un monde qui ne les mette pas en défit, qui ne les soupçonne d'incapacité, etc. Arrivé, à ce point, cette partie de jeune de désengage, et s'enroule dans une vie qui ne côtoie pas Haïti dans l'aller. Et là ici, ce n'est pas la religion, mais c'est le même sujet, la même guerre de contrôle et d'effacement.
Nos intellectuels, qui sont humiliés ici, exilés, puis installés ailleurs. Certains, qui ont refusé l'exil, et qui sont réduits à la mendicité d'un pain, pour ne pas mourir de faim. D'autres, qui sont sollicités dans la politique, et qui sont piégés, jusqu'à en faire rire de leur potentialité. D'autres, trop gourmands, qui cherchent à construire leur capital par quel que soit la manière sur le dos du peuple, qui en souffre déjà. D'autres, qui ont été parachuté dans un poste, et qui agissent en « à vos ordres » pour leurs maîtres. Encore, ce n'est pas la religion, mais c'est le même sujet, la même guerre.
De l'autre côté, les citoyens qui vivent en déplacés, qui n'ont pas le temps pour respirer, rien pour manger, nulle part pour s'offrir un sommeil. Des autres, qui n'ont pas le bandit, mais la sècheresse, pas moyen pour vendre leur minuscule récolte. Puis il y a les autres, qui pataugent dans l'inondation et la poussière. Encore ici, c'est la même guerre.
Mais malgré tout, il y a des jeunes, un reste conscient. Malgré sans issu, ils croient pouvoir redéfinir la réalité d'aujourd'hui. Le reste qui bouscule dans les études, qui se forme. Le reste qui s'engage, qui promet. Le reste, en qui manifeste tout un volontarisme pour aider son prochain.
Aujourd'hui, comme ces jeunes, il faut dans l'urgence chercher à développer un autre narratif dans le rapport avec nous, nos citoyens et notre société, tout en repensant nos dépendances qui écartent le pays dans notre priorité.
Fin !
- Références Bibliographiques/ Sitographiques.
- Constitution de la République d'Haïti de 1987, version amendée, mars 2015, Imprimerie Brutus, C3editions, Port-au-Prince, Haïti.
- JUSTIN, Lherisson, La famille des Pitite-Caille, Roman haïtien, 1905, imprimerie Auguste A. Heraux, Port-au-Prince.
- JACQUES, Roumain, Gouverneurs de la Rosee, Roman haïtien, 1944, Les classiques des sciences sociales, bibliothèque num./ https://classiques.uqac.ca/ Edition originale, Imprimerie de l'État, Port-au-Prince, Haïti.
- DURKHEIM, Émile, Les règles de la méthode sociologique, 1894, (lecture depuis l'article, cpp.numervcom, cahier de psychologie politique, n6-janvier 2025).
- TROUILLOT, Lyonel, Ce qu'ils font à la jeunesse, 7 mars 2025, Art. AyiboPost.
